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Première photo de MARJORIE signée Alain SADOC (Droits réservés)

La joie de vivre, aux Buttes-Chaumont (D.R.)

De Françoise à Marjorie

Françoise est née le 25 décembre 1945 à Paris dans le dix-neuvième arrondissement, juste à côté des Buttes-Chaumont. Ce paysage "champêtre" devait rappeler le splendide Morvan, à ses parents, qui en étaient issus. Ceux-ci avaient créé un café-bar, rue de Meaux, légèrement plus bas, aupres de l'avenue Secrétan. La salle du café était en angle, le petit appartement familial était au-dessus, on y accédait par un escalier en colimaçon , dans la partie privative arrière de la salle fréquentée par les gens du quartier, tres populaire. Nous ne sommes pas loin du métro Stalingrad, et du canal Saint-martin. Elle fut une bonne écolière, et ne rechignait pas à aider ses parents, elle était la petite fille du quartier. Parfois elle montait sur une table et à la demande de son premier public, elle chantait, les chansons apprises à l'école, ou les grands succés de Piaf, de Rosalie Dubois (une presque voisine). Quand elle eut seize ans, tous les voisins invitèrent le Parents NIVOT à faire de leur fille une "vraie" chanteuse. Bien que Françoise suivait des cours de secrétariat, elle accepta avec joie de faire un test aupres d'un vrai professionnel. Madame NIVOT accompagna sa fille chez un des plus grands pianistes d'orchestres de Paris, Guy CHECKLER (fils du célèbre Chef d'Orchestre et compositeur EDWARD CHECKLER). Guy était mon pianiste accompagnateur, et nous étions en cours de répétition, quand, la maman nous exposa l'objet de leur visite. Françoise accepta de nous chanter MILORD, tout d'abord a capella, puis subjugué, Guy l'accompagna au piano. Ce n'était pas Piaf, ou une imitation. Non, c'était encore plus beau, une voix parisienne très claire, une prononciation parfaite. un vrai joyau à l'état pur. Avec Guy, on se concerta. La maman voulait savoir si sa fille pouvait devenir chanteuse. Dans l'euphorie, je lui répondit que OUI, mais qu'il fallait, travailler. Continuer les études de sa formation professionnelle, mais aussi le chant, la mise en place de la voix, la respiration, l'interprétation des textes, la mise en scène, et bien sur la musique; J'acceptais de le faire bénévolement, tous les soirs. Je l'adressai à Madame Jeanne BERTILLE, un grand professeur de chant pour la mise en place de la voix.
Tous les soirs vers 20h on fermait le café, et on travaillait, Françoise était docile, et donnait le meilleur d'elle-même. Elle devint prête à faire le grand saut.

Accompagnés du talentueux pianiste MICHEL FRANTZ, nous réalisèrent le premier enregistrement de deux chansons au Studio REGENCE, pres de la Porte Saint Martin. Piano et voix, c'était la maquette de présentation.
Puis, muni de cette carte de visite, Françoise et moi, on commença à faire le tour des maisons de disques de Paris, on commença, tout simplement par BARCLAY, sans aucun espoir, mais c'était pour nous un moyen de se roder. Nous fumes reçus par NORBERT SAADA qui écouta la maquette, il demanda à Françoise si elle pouvait chanter à nouveau une des chansons devant M. EDDIE BARCLAY, bien que l'emotion la gagnait, elle accepta, presque par jeu. Dans le grand bureau du maitre, elle fit une splendide prestation. Deux heures apres le contrat était signé pour cinq ans.
Sous condition, qu'il fallait accepter de changer de nom, prendre un pseudonyme, plus commercial, et être prête à faire la voix féminine sur un enregistrement en cours avec une des idoles des jeunes: Frank ALAMO. Le nom de NOEL s'imposa, et sur une revue, on trouva le prénom peu usité en France, à l'époque, de MARJORIE. Devenue MARJORIE NOEL elle enregistra, le surlendemain sa courte apparition sur le titre "JOLIE FRIMOUSSE"

Puis ce fut le tourbillon du succès, avec 7 45t. EP enregistrés en France, sous la direction musicale de MICHEL COLOMBIER, son attachée de presse, croyait en elle, et la plaçait sur tous les bons coups, radios, télés, concours, spectacles, etc... Merci à SHULA SIEGFRIED. ainsi ce fut, "Cavalcade" de Jean-jacques VITAL, spectacle en public, enregistré au CHATELET, en compagnie notamment de Bobby SOLO, de Gigliola CINQUETTI, des petits nouveaux... Les SURFS. Puis une pré-sélection pour l'Eurovision au nom de la France, avec BONJOUR MON AMOUR, le jury choisit Guy MARDEL avec la chanson de Françoise DORIN: "N'AVOUE JAMAIS", qu'importe MONACO demanda à Marjorie de les représenter à Naples (1965) avec la belle chanson de Raymond Bernard et Jacques Mareuil: VA DIRE A L'AMOUR, malgré la déferlante Gainsbourg+France Gall, fit un assez bon score. Deux mois apres c'était la ROSE d'OR à Antibes(Var), elle termina en demi-finale, avec "Des Filles et des Fleurs". L'Allemagne, la réclama, elle y fit des spectacles, des télés et deux enregistrements en allemand. Puis ce fut l'immense succès au JAPON, elle y était une vraie idole, lors d'une tournée dans les plus grandes salles, elle eut comme vedette américaine, artiste qui termine la première partie, Monsieur Charles AZNAVOUR !
Elle enregistra de nombreux disques en japonais dont des chansons inédites en France.
En 1966, elle fit une grande tournée (organisée par Roland HUBERT) en compagnie d'Alain BARRIERE, Los INCAS, Valérie LAGRANGE, Aldo KILLY, Pierre PROVENCE. Durant cette tournée à travers la France, pres de La Ferté-Bernard, Aldo perdit le contrôle de la voiture, et apres plusieurs tonneaux, tout le monde se retrouva à l'hopital. Marjorie oubliait ses douleurs, elle voulut continuer la tournée, elle fut mise sous cortisone à forte dose.
Ce traitement miracle mal controlé, lui fit prendre, plus de quinze kilogrammes, au bout du septième disque, Eddie BARCLAY en pofita pour rompre le contrat. Marjorie était meurtrie, elle suivit des cures dans une clinique de Seine et Marne, elle maigrit, mais elle avait perdu sa confiance en elle, et la foi en sa carrière de chanteuse.
En 1967, elle rencontra l'Amour. Elle se maria le 27 juillet 1968;En juin 1969 j'ai la joie de tenir dans mes bras, un magnifique bébé. Mais elle n'était plus ma Marjorie, et Françoise venait de donner cet enfant à l'homme de sa vie: M. Robert STROPPIANA.
J'ai perdu de vue, mon amie, ma soeur, suite à des vies à l'étranger, et je viens d'apprendre, alors que j'ai toujours cherché ce qu'elle était devenue, que MARJORIE NOEL était décédée le 30 avril 2000.
Elle repose dans le petit cimetière de la commune LE CHEVAL BLANC dans le Vaucluse, une région aux paysages sublimes qu'elle avait appris à aimer aupres de son mari Robert.
Elle était la joie de vivre, un vrai soleil, il est juste qu'elle se repose au milieu de ces chauds rayons.

Marjorie Forever.

Bruno SARTENE

marjorie-noel
02/05/07